Histoire

Connaissez-vous François de Bonne, ce personnage historique du Dauphiné à la vie mouvementée : duc de Lesdiguières, militaire hors-pair, négociateur habile et dernier Connétable de France ?

L’histoire de Lesdiguières se confond avec celle du Dauphiné durant plus 60 ans…

Le duc François de Bonne, personnage historique phare de la région

Né en 1543 à St Bonnet en Champsaur, François de Bonne entame des études de droit à la mort de son père Jean de Bonne, seigneur des Diguières et du Glaizil. Sans les terminer, il s’engage dans l’armée auprès du Lieutenant général du Dauphiné, le seigneur de Gordes. Protestant, François de Bonne jouera un rôle capital dans les guerres de religion durant 30 ans et deviendra un ardent défenseur de la royauté en soutenant la cause du futur roi de France Henri de Navarre.

Il remporte plusieurs batailles en Provence, en Dauphiné, en Savoie et au Piémont, faisant de lui un des plus solides remparts du nouveau de roi de France. Sa loyauté est récompensée par des charges et honneurs, qui le hissent progressivement à la tête de la province, Lieutenant Général en 1597, puis Maréchal de France en 1609. En 1611 il sera nommé Duc et Pair de France.

En 1622  son abjuration apparaît comme le couronnement  opportuniste d’une brillante carrière militaire mais aussi de son soutien indéfectible au souverain Louis XIII. C’est alors qu’il est nommé Connétable de France.

Mais François de Bonne était aussi un pacificateur, et ce dès la signature de l’édit de Nantes en 1598. Négociateur, son expertise sur le front des Alpes au contact avec les puissances de Savoie, de Suisse, d’Espagne et d’Italie le rend indispensable pour tout négociation dans cette partie de l’Europe.

Le duc de Lesdiguières est aussi un bâtisseur: par sa réussite et son autorité, il apporte une dynamique culturelle et économique encore visible aujourd’hui. Il fait rénover les routes, relance le trafic commercial et commande des travaux d’endiguement.

La construction de bâtiments prestigieux donne un patrimoine matériel à sa province!

À Grenoble, il refait à neuf l’ancienne résidence des dauphins, la trésorerie transformée en hôtel particulier, la porte de France en forme d’arc de triomphe. Le château de Vizille est un véritable palais, où il recevra Louis XIII en 1622.

Il n’oublie pas pour autant sa terre natale du Champsaur, érigée en duché paierie par le roi. Il fit édifier un château dès 1571, le château de Lesdiguières.  Ce sera le lieu où il sera  inhumé, selon son souhait, dans la chapelle sous un mausolée en albâtre en 1626.

Le château de Lesdiguières après la mort de François de Bonne

A la mort de Lesdiguières, le château s’assoupit. Un concierge y loge et exploite quelques terres voisines. Puis la Révolution française bouleversa tout : il fut vandalisé dès les premières heures par les habitants alentours, son enceinte fut forcée, la chapelle et les tombeaux profanés. Les pierres taillées de ses murs furent réemployées dans de nombreuses habitations…

Seul le mausolée fut sauvé par l’intervention de l’assemblée départementale qui en provoqua en 1798 le don auprès de sa propriétaire, Madame de Veynes.

Peu à peu l’intérêt d’érudits et de passionnés d’histoire prend le dessus, et la volonté de restaurer et revaloriser les ruines du château grandit. Le Préfet Asselin envoie officiellement l’ingénieur des ponts et chaussées Janson des Fontaines en 1827, lève les plans et établit des notices pour un ouvrage sur les monuments du département.

Un siècle et demi plus tard, en 1973, le pré-inventaire départemental comprend le château du Glaizil,  ce qui donne lieu à un relevé précis au sol des murs encore en place.  En conséquence, le château est inscrit sur la liste supplémentaire des monuments historiques en 1978.

En 2001,  un nouveau pas est franchi lorsque le Conseil Général acquiert le site. Cela permet d’envisager quelques travaux de préservation qui se continuent aujourd’hui. Mais avec un coût de restauration élevé, il est difficile de savoir quel sera l’avenir de ce lieu. Mais un groupe local, l’association du château de Lesdiguières, emploie tous les moyens possibles, notamment à travers des propositions et des actions avec les chantiers de jeunes internationaux qui chaque année viennent effectuer des chantiers de préservation.